1 novembre 2005
Oui allô...
- Allo?
- Oui, est-ce je pourrais parler à monsieur ou madame Brière?
- Oui.
- Bonjouuur, ça va bien?
- Oui.
- Êtes vous pressé?
- Oui.
- Okay, on va vous rappeler plus tard!
Clic.
J'ai mon crisse de voyage. Je suis tellement rendu antipathique que les télémarketeurs me raccrochent au nez. Non mais faut le faire. Si au moins je l'avais traité de charrue ou de truie, mais non, juste un soupçon d'air bête.
Farce à part, ils sont pas gênés: c'est censé être moi qui leur raccrochent au nez, pas le contraire. Le prochain qui m'appelle, il va m'entendre, pas de farce, il va se sauver de son cubicule en hurlant.
28 octobre 2005
Bla bla bla
«C'est à cause du réchauffement de la planète»
À chaque ostie de canicule, t'en entends un qui te sort cette niaiserie; et au bulletin météo, ils s'arrangent toujours pour montrer un gogo dans la rue qui va nous le ressasser: "ah ben oui, on le voit bien que la planète se réchauffe" Ils étaient où ces grands savants l'hiver dernier? Crisse, on était à la fin mai et je chauffais encore! Les estimations parlent d'une augmentation de température qui va de 0,09 à 0,19 degrés C par décennie; ça veut dire que même en prenant le scénario le plus alarmiste, la température à augmenté d'à peu près trois quarts de degrés depuis les années 70. Et tu va me faire croire que tu peux mettre le nez dehors et en sentir les effets? T'as un thermomètre dans le cul peut-être? "ah oui oui, il fait plus chaud qu'en 1975". Si je vais chez vous et que je monte les thermostats de 1 degré, va tu t'en apercevoir? Et si je fais ça graduellement pendant les trente prochaines années, tu vas soudainement te rendre compte comme ça un beau matin "vous trouvez pas que ça se réchauffe"? R'garde, s'il fait chaud c'est parce qu'il y a une vague de chaleur, that's it, ok?
«C'est ça ma personnalité»
Les tatous, le piercing, les cheveux de couleur... rien à redire, chacun fait ce qu'il veut même si c'est laid, mais pourquoi je serais obligé d'avaler que c'est censé être une forme de non-conformisme? Câlisse, tout le monde le fait, c'est à la mode! Comment peut-on être à la fois à la mode et à contre-courant? "Si je me fais percer les narines, c'est pour exprimer ce que je suis". Ah oui, et c'est quoi ça exactement, "ce que tu es?" Quelqu'un qui se fait percer les narines? Je suis tu censé être capable de déterminer tes principes, tes valeurs et ton expérience de vie juste en regardant ta quincaillerie faciale? Et si j'essaye de faire ça, vas tu te mettre à chiâler que j'ai des préjugés, qu'il faut pas juger les gens à l'habillement, etc... Si tu tiens absolument à te décorer le nombril avec des breloques, des épingles à couche ou des poignées de porte, vas-y, envoye fort, mais arrête de prétendre que tu manifeste une quelconque prise de position politico-sociologique; c'est de la frivolité, assume-le.
«On va dire les vraies affaires»
Fuck you, les "vraies affaires". Bullshit, tu veux pas les entendre les vraies affaires, t'en a la chienne; si je me mettais à te les dire les vraies affaires, tu courerais te mettre dans un coin en position foetale. Ce que tu veux, c'est des pseudo-vraies affaires qui te font sentir bien, qui t'attribuent le rôle de victime de l'injustice de la société, qui donnent une raison d'être à ton chiâlage: «c'est pas moi qui est loser, c'est le système qui est pourri». Les gens qui disent les vraies affaires, ils se présentent pas aux élections, ils animent pas de lignes ouvertes dans les radios démagogues, ils sont pas le centre d'attention autour de la machine à café; ils sont isolés, évités, parce qu'ils disent les vérités que personne a envie d'entendre. Tiens, t'en veux une, "vraie affaire"? La vérité, c'est que sur cette planète, si tu fais plus que cinq piasses par jour, t'es un privilégié. Tu veux que je continue? Non, hein? C'est ben ce que je pensais. Mouton noir mon cul; le mouton noir il suit le troupeau comme tout les autres.
15 octobre 2005
Toaster meth
Je pense qu'il doit y avoir un complot ourdi par quelque puissance obscure pour éliminer les épais de la société. À moins que ça soit tout simplement une manifestation de l'inconscient collectif. Toujours est-il que ces modes de drogues toxiques, de sports extrêmes, de road rage et de jack-ass semblent être l'aboutissement de la réalisation subite pour certains individus qu'ils représentent une régression pour le patrimoine génétique de l'espèce, et qu'ils devraient mettre fin à leurs jours avant d'avoir la chance de procréer et de perpétuer leurs gènes défectueux. Tant qu'à faire, pourquoi tourner autour du pot? Le crystal meth, pff, c'est pour les moumounes: je vous ai concocté un petit mélange spécial, vous m'en direz des nouvelles. Quoiqu'à bien y penser, je pense pas que vous serez en mesure de donner de nouvelles à qui que ce soit. Voici donc ma recette de "toaster meth".
Vous aurez besoin de:
30 grammes de cyanure
300 ml de curare
1 kilo de Cyclon B
20 grammes de venin de cobra
50 grammes de strychnine
quelque grains de plutonium enrichi (facultatif: c'est juste pour mettre du brillant)
3 doses d'ecstasy
Prenez l'ecstasy, et attendez que ça fasse effet. Lorsque vous vous sentirez plein d'énergie, d'audace, invicible, capable de tout, en un mot con à chier, mélangez le cyanure, le curare, le venin et la strychnine, ajoutez les autres ingrédients, puis laissez macérer quelques minutes. Avalez le plutonium à l'aide d'une bonne rasade du mélange, puis dans vos spasmes d'agonie ouvrez la boîte de Cyclon B pour en respirer les vapeurs, et bon déb... non quand même pas. Mettons bon voyage; tu va voir, tu vas tripper loin loin loin. Full cool extrêêême, j'capooote!!!!
Pour ceux qui s'inquiètent que j'incite les jeunes au suicide, ben écoutez, rendu à ce point là, je pense qu'ils ont plus vraiment besoin d'incitation; soyez honnête, c'était juste une question de temps. Et puis comme ça, ils passeront pas les dix prochaines années à voler votre carte de crédit ou pawner votre TV.
30 septembre 2005
Appris à écrivez
Écouter, c'est pas compliquez: quand c'est à l'infinitif, ça finit par "é", quand c'est à la deuxième personne de l'impératif, c'est "ez", et quand c'est un participe passez, ça finit avec "er", comme dans "participe passez", tser... Si vous être pas sûr, faire juste substitué votre verbe en "ez" par un autre en "iz", ou mieux en "endez". Par exemple, "j'ai parlez" par "j'ai entendre"; "on est ouvrez, on est fermez"; "chambre à loué, maison à vendu"; "fermezez vos gueules et arrêté de disez des stupiditerez.".
C'est pas plus compliquer. Vous avé tout comprendre? Bravo, moi pas, je suiser tout mêlis; je pensé que je vaire allé pris deuz aspirines.
24 septembre 2005
New Orleans is sinking and I don't want to swim
Personnellement, j'aurais fait C) je reste pour voir le show... qu'est-ce qu'on ferait pas pour un rush d'adrénaline (wooooooouuu! extrêêêême!). Peut-être que je suis pas plus brillant en fin de compte. Et quelque chose me dit que vous êtes probablement pas mieux (hiiin! j'veux pas manquer mes programmes!).
Mais il reste le fait que personne n'aurait d'abord jamais dû avoir l'idée de construire des maisons là. Pensez-y: 20 pieds sous le niveau de la mer? Au bord du Golfe du Mexique? La Hollande au complet est sous le niveau de la mer, mais au moins il y a pas d'ouragans par là; ou s'il y en a, c'est pas un à chaque année. Tacoma et Seattle dans l'État de Washington sont deux villes dont le taux de croissance est parmi le top 100 aux États. Et où ça se trouve? Drète à côté d'un volcan. Et parlant de volcan, que penser des napolitains qui ont passé les deux derniers siècles à exhumer les restes des habitants de Pompeii, sans jamais se rentrer dans le cabochon que c'est ça qui leur pend au bout du nez, que ces corps tordus, ces visages déformés par la terreur et la douleur leur lancent un message sans équivoque: «Fuyez! Fuuuuyeeez pendant qu'il est encore temps!»
La ville de Galveston au Texas a déjà subit deux ouragans majeurs, dont le premier en 1900 qui a tué au-dessus de 8000 personnes et qui est encore le désastre naturel le plus mortel de l'histoire américaine. Et maintenant, la ville se prépare à compléter le tiercé avec Rita qui leur arrive dans la moppe telle la vengeance divine; d'après vous, est-ce qu'ils sont partis? ... eh ben oui!!! La majorité des habitants sont en train d'évacuer; baaaôôôn, c'est pas beau ça, ils ont compris. Personnellement, je soupçonne les autorités d'avoir usé de stratégie dans leur mises en garde. Genre «Satan is coming!!!! Flee! Run for your lives!» (avez vous remarqué que c'est plus facile de faire peur avec le surnaturel et le farfelu?) La prochaine étape, c'est d'apprendre à ne pas évacuer tout le monde en même temps et sur la même route, mais bon, il y a du progrès, laissons leur une chance. Par contre, il leur reste encore à figurer que c'est vraiment pas une bonne idée de bâtir des villes sur des bancs de sable en bord de mer.
Au Québec, c'est pas vraiment mieux: à chaque printemps c'est la même histoire, les riverains se font inonder ici où là, les sous-sols se retrouvent sous l'eau, les gens dénoncent l'incurie gouvernementale, etc... Allez vous promener sur les bords de la Richelieu, de la Rivière-des-Prairies ou de n'importe quelle autre de nos débordeuses compulsives, et vous allez entendre des scies et des coups de marteaux. "Ah, mais on a une belle vue"
Si au moins ils les construisaient à l'épreuve de l'eau.
15 septembre 2005
Un sujet! Trouvez moi un sujet quelqu'un
Il y a des mois comme ça où j'ai aucune inspiration. Je pourrais toujours me rabattre sur l'actualité, mais qu'est-ce que je peux bien dire qui n'a pas déjà été dit, redit, reredit et contredit dans les médias et la blogosphère? Sans parler de balconville; tout le monde et sa grand mère sait comment tout marche, c'est quoi exactement le problème avec la société et comment régler ça, et ils savent tout ça mieux que moi, particulièrement ceux qui copiaient sur moi à l'école. Ça me fait toujours sourire d'entendre les belles grandes théories politico-sociales de quelqu'un qui aurait peut-être jamais passé sa sixième année si j'aurais pas été là pour l'aider.
Bon, de quoi vous voulez que je parle? L'ouragan Katrina? Bof. New Orleans, les Gonaïves, les tsunamis l'hiver passé, le 11 septembre... à force de voir des désastres en direct, j'en suis rendu franchement blasé; à chaque fois j'ai l'impression de regarder un nouvel épisode du même reality show. De toutes façons, c'est la faute à Bush, c'est lui qui a provoqué l'ouragan pour fournir des contrats à Halliburton. C'est ça que vous vouliez entendre, vous êtes contents, là?
OK, quoi d'abord? La grève dans les écoles? Je m'en sacre, j'ai pas d'enfants. Le prix de l'essence? Je m'en crisse, je suis en vélo. La course à la chefferie du PQ? Je m'en contrecâlisse, je vote Bloc-Pot. La nomination du juge Roberts à la cour suprêBOMrrrzzzzronnnzzzzzzz....
Et si je partageais mon quotidien? Ce matin (aux alentours de midi et demie), il m'est arrivé une aventure incroyable. Comme il m'arrive à l'occasion, voilà t-il pas qu'il me vient une envie de me faire des oeufs à la coque. Non, c'est de la bullshit, c'est pas parce que j'en avais réellement envie, en fait c'est à peu près rien que ça qu'il y avait dans le frigidaire, mais bon. Toujours est-il que je mets mes oeufs à l'eau, part le rond, et... et non, c'est chiant, plate comme un discours du trône, là c'est vous autres qui allez tomber endormis.
Peut-être si j'y met du style? Or donc, les oeufs bouillonnent frénétiquement dans l'élément liquide, innocents rejetons de poule humblement offerts en sacrifice à la sustenance de l'insigne hominidé que je suis, mangé ou être mangé, ô mystère éternel du grand cycle de la vie. Pendant que s'effectue l'immolation, je m'absorbe sans vergogne aucune dans l'observation de l'accomplissement d'un autre rituel immémorial, à savoir les efforts sudorifères et tonitruants d'un fier représentant de la classe Homo Erectus s'évertuant à plonger son engin au gabarit improbable dans la matrice humectée et frémissante d'un capiteux spécimen femelle de la dénomination Homo Siliconus, qui tout en poussant de longs gémissements plaintifs dont on devine à peine le caractère fictif, se cabre avec des convulsions spasmodiques qui secouent ses chairs pulpeuses et courbatives, offrant avec ostentation aux voyeurs emoustillés le spectacle impudique de ses plantureux et non moins improbables attributs glandulaires, que dans un accès de fôlatre légèreté me viens l'idée saugrenue d'affubler respectivement des vocables "Hindenburgh" et "Graf Zeppelin".
Tout absorbé dans ma contemplation de l'acte mystique se projetant sur mon écran d'ordinateur qui en rougit de honte et de plaisir, j'en oublie mon repas qui a de loin outrepassé le laps de temps généralement considéré comme convenant à cette opération culinaire; m'attendant à retrouver mes oeufs transformés en boules de caoutchouc indigeste, ô stupéfaction, ils sont parfaits! Tendres, fermes, et je peux les écaler, il y en a aucun de craqué, tsé des fois quand tu viens pour écaler des oeufs pis qu'ils sont baveux, t'essaye d'enlever l'écale pis t'arrache la moitié du blanc, ça fait pas chier rien qu'un peu, ça fait que j'ai bouffé mes oeufs pendant que la grosse plotte sur mon ordi achevait de se faire fourrer dans le cul en gueulant comme une truie en chaleur pis en se gigotant les boules dans tous les sens, pis c'est ça l'histoire, ciboire on y passera pas la nuit quand même.
Coudonc, j'ai tu fumé de quoi? Non, sérieux, ça fait dur, c'est franchement n'importe quoi. Je m'excuse de vous avoir fait venir ici pour rien et de vous avoir fait perdre du temps que vous auriez pu passer à visiter fuckyouandyourmama.com; j'essayerai de faire mieux la prochaine fois. Tiens, dans mon prochain post, je vous parlerai de la fois ou j'ai chié un étron de dix pouces de long qui ressemblait à la Vierge Marie, mais je l'ai flushé con que je suis, j'aurais dû le garder dans du plastique et le vendre sur E-Bay.
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