6 août 2006

Une toile blanche

Décidément, une gimmick attend pas l'autre sur Internet. La dernière: un Montréalais échange un trombone contre un autre item, et cet item contre un autre, etc... et un beau jour il finit par se ramasser avec une maison. Et tout le monde dit qu'il est un malin. C'est à se demander pourquoi il y a encore des gens qui se fendent le cul à vouloir casser la terre pour planter des patates: on devrait tous arrêter de travailler et s'enrichir à coups de get-rich-quick-schemes sur Internet. Vous allez dire qu'à ce train là on va tous finir par crever de faim millionaires sur des planchers sales, mais faites vous en pas trop avec ça: tant qu'il y aura des immigrants mexicains et des sweatshops en Chine, il y aura toujours quelqu'un pour passer la moppe et ramasser les légumes dans le champs.

Je vais donc m'essayer encore une fois, même si j'ai pas vraiment eu de succès avec mes crossses jusqu'à présent. Peut-être que je devrais arrêter de copier les crosses des autres et m'en inventer une moi-même, mais j'ai pas d'idée. Vous en avez des idées vous? Non hein, ben c'est ça, la ferme.

Je vais donc échanger une gugusse contre... une autre gugusse mettons. Je suis pas encore décidé: je demanderais bien une maison, mais ça c'est des plans pour se retrouver au fin fond de la Saskatchewan, ce qui est en fait un pléonasme parce que toute la Saskatchewan est un fin fond. Je l'ai traversé quelques fois en autobus en route vers Vancouver: trois heures d'autoroute sans une seule courbe, c'est assez plate merci. La Saskatchewan c'est comme la Belgique mais en plus plat, et grand comme quatre fois la France. La province est en forme de rectangle: le paysage est tellement dépourvu de points de repère qu'ils ont été obligé d'utiliser les longitudes et latitudes pour tracer leurs frontières. Il y a des déserts de sable, des déserts de pierre et des déserts de glace; la Saskatchewan est un désert de foin.

Tout ça pour dire qu'on va laisser faire la maison. Un char de l'année? J'ai perdu mon permis. Je serais bien tenté de demander une esclave sexuelle, mettons Mariah Carey parce qu'elle est pitoune et aussi question qu'elle se la ferme un peu (chante pas la bouche pleine chérie...). Ou à la rigueur la poupoune mauve avec les grosses boules dans Andromeda son nom m'échappe, mais faudrait me la décaper avant, parce que moi licher de la peinture, non merci sans façons. De toutes façons j'en entends me traiter de phallocrate de la pire espèce alors je vais arrêter ça là.

Absence d'artNon, je vais demander une oeuvre d'art: de un ça va me culturer ce qui me ferait pas de tort parce que je manque pas mal de cultive, et de deux c'est ça que j'ai à offrir. Oui mesdames et messieurs, j'offre d'échanger ma toute dernière oeuvre, Art d'absence, une peinture inspirée du style de Jen-Per Tromblë; j'inclus d'ailleurs un scan de cette oeuvre sublime (ici, à droite).

Quoi, vous n'êtes pas impressionné? Peut-être que si j'incluais ma démarche artistique; c'est bien connu, les croûtes les plus immondes vont passer pour des chefs d'oeuvre si on rajoute une démarche artistique; alors voici: «Le jeu des matériaux tactiles entraînent au plus profond de notre intériorité; mon oeuvre se veut plus qu’esthétique, elle se veut accompagnatrice dans la démarche d’humanité. J’inventorie les formes de relations entre deux pôles, l’oeuvre et le spectateur et mes travaux sont des espaces ludiques. Je choisis les matériaux qui tissent le corps de mon esprit, et ils deviennent le matériau de ma forme. C'est en découvrant le mystère de l'osmose intérieur/extérieur, de l'autre vers moi et de moi vers l'autre, que je peux comprendre le mécanisme de l'inter-relation à l'autre si familier et si étranger tour à tour.»

Pas mal non? J'ai copié-collé de quelques sites d'ârtistes, et ça serait meilleur si je pouvais m'arranger pour y insérer "paradigme", mais bon, j'y travaille. Je suis donc prêt à échanger cette toile contre une autre oeuvre d'art, puis une autre jusqu'au jour où j'obtiendrai la Joconde... non quand même, soyons raisonnables. Je me contenterai du Garçon à la pipe de Picasso, et je me passe de vos farces plates, si ça vous fait rien. Alors soumettez vos offres: peinture, sculpture, dessins que votre petit a fait à la maternelle, gnomes de jardins, bustes d'Elvis en plastique; mais pas de Molinari, ayez quand même un peu de goût, franchement, des carrés tracés au rouleau et au masking tape, je suis capable de faire ça moi-même.

P.S.: en passant les finfinauds, c'est Art d'absence, et non pas Absence d'art; tâchez de vous en souvenir ou il va y avoir distribution de coups de pieds dans le cul, j'ai ma sensibilité d'ârtiste, non mais.

20 juin 2006

Full dindons de la farce

Ben oui, je le sais, deux mois pas de post. Laissez moi un break, j'arrête pas de sauter des motherboards et des disques durs de ce temps-ci, c'est une vraie hécatombe. Ben non, j'ai pas fessé dedans. Bon, à peine; j'ai pas pris le marteau cette fois. À part de ça, c'est gratis fait que arrêtez de brailler: si vous voulez que j'écrive plus souvent donnez moi de l'argent.

Tiens, ça c'est une idée. Vous avez peut-être vu les publicités sur la CBC où on vous donne un numéro à appeler pour recevoir des messages, genre des "conseils", votre horoscope ou autres: à un de ces numéros il faut texter "fun" sur votre cel et vous recevez une joke (en anglais). Joke de blonde, d'avocat ou de newfie, vous voyez le genre. Mais leur meilleure blague c'est celle qu'ils disent vite-vite à la fin de l'annonce, «onedollarperjokeotherchargesmayapply» et j'ai pas compris le reste, mais c'est pas grave, c'était assez pour me rouler à terre. Une piasse la joke. Une piasse. La joke. Il y a du monde prêt à payer une piasse pour lire, même pas entendre, lire une joke sur leur cel. Même pas racontée avec esprit par un humoriste professionnel, mais non, écrite bêtement avec des cristaux liquides laids sur un petit écran gris-vert minable.

Vous aimez les jokes à ce point-là? Bon, en v'là une:

Deux blondes sont sur un pont en train de se chicaner:
- C'est la Yamaska! dit l'une.
- Mais non, c'est le Richelieu! réponds l'autre.
- Je te dis que c'est la Yamaska!
- Mais non, je te dis que c'est le Richelieu!
Au bout d'un moment il y en a une qui se tanne et dit "attends, je vais aller voir" puis enjambe la balustrade et saute en bas du pont. Elle revient une heure après en titubant, toute grafignée et la face en sang. L'autre lui demande:
- Pis, c'est quoi?
- C'est la 20!

Pfhahahahahahahahahahaaaa! C'EST LA 20! Pas pire, hein? À chaque fois que je la conte je pisse dans mes culottes. Pfffaaaaaa mourant.

T'as pogne tu au moins? La 20. L'autoroute 20. Elles pensaient que c'était une rivière, mais c'était une autoroute. Tordant non? Anyway, assez ri, tu me dois une piasse. Sérieux, donne moi une piasse. Va dans mon post de la page à une piasse et quart, et donne une piasse dans mon compte. Enwèye, fais ça vite, attends pas que j'appelles mon collecteur.

T'en veux une autre?

Q: C'est quoi la différence entre un avocat mort au milieu de la rue et un chien mort au milieu de la rue?
R: Devant le chien, il y a des traces de brake.

Pfaahahh c'est trop, c'est trop... tiens, celle-là je vous la fait gratis: spécial deux pour un aujourd'hui. Ah pis non, trois pour un. C'est la grande vente de jokes du Toaster: on paye la TPS!

Attention, celle-là elle est 18 ans et plus seulement

Une fois c'est un gars qui décide d'entreprendre l'éducation sexuelle de son plus vieux. Ça fait qu'il amène son gars au bordel, choisit une pute qu'il fait se déshabiller puis s'étendre toute écartillée dans le lit.
Ensuite il se tourne vers son fils et lui dit solennellement "Tu vois mon ti-gars ça c'est une plotte!". Puis il rajoute après un moment "Pis la craque que tu vois au milieu là, ça on appelle ça un vagin!"

J'en peux plus de rire comme ça. Scusez les filles, je le sais qu'elle est sexiste mais j'y peux rien, elle est trop drôle. Faites-vous en pas, dites vous bien que quand les gars se content la joke "Le plus difficile d'une opération de changement de sexe c'est de se faire enlever la moitié du cerveau", on parle bien de la moitié entre nos deux jambes PFRRRAAHhahahahaa j'arrête pas deux minutes.

Bon ça va faire, quatre jokes pour une piasse, vous commencez pas mal à abuser de ma générosité. Pis ça ben de l'air que je l'aurai jamais mon argent de toutes façons. Maudite gang de crosseurs, à l'avenir faites comme moi pis entrez "joke" dans google, vous allez en avoir à plus savoir où les mettre des jokes. Pfff, une piasse la joke. Maudits morons.

P.S. Bon, fuck le tag-board, bonsoir, terminé, j'en ai plein le cul de nettoyer du spam. Crisse de vermine.

22 avril 2006

Ils sont cons et en sont fiers

J'ai posté ça sur le forum de Canoë. Pas que j'affectionne ce genre de site; la moitié des intervenants savent à peine écrire, et n'ont souvent pas grand chose à dire, c'est l'enfer. En fait j'ai pas mal lâché l'habitude des forums de discussion quand j'ai découvert la blogosphère, pas que l'intelligence des blogueurs est nécéssairement au-dessus de la moyenne, mais c'est surtout le fait qu'il est beaucoup plus facile d'être sélectif.

Mais là, ils ont ouvert un sujet qui me tient à coeur, à savoir le plagiat dans les universités, ça fait que j'ai pas pu m'empêcher d'intervenir. Je vous offre maintenant le texte de mon intervention en intégralité, mais si vous voulez voir le débat, cliquez ici. Prenez note toutefois que les forums de Canoë sont temporaires.


Quand j'étais enfant, j'étais le petit bolle qui préférait rester à la maison à lire des encyclopédies plutôt que d'aller jouer dehors. À l'école, à chaque fois que la maîtresse posait une question, ma main était toujours levée. Évidemment, lorsqu'il y avait des examens, ça s'agglutinait comme des sangsues, tout le monde voulait être assis à côté de moi. Il y avait dans ces moments là un lien direct de causalité entre mon niveau de popularité et le taux d'ignorance de mes camarades; lien qui était d'ailleurs toujours présent entre d'autres temps, mais à l'inverse.

Alors me demandez-vous, ai-je déjà copié à l'université, ou plutôt est-ce que j'aurais triché si j'y avais été? Ben, sur qui j'aurais copié? Vous dites que ah, tout le monde le fait, mais vous avez l'air d'oublier que dans toutes les classes d'écoles, peu importe le niveau, il y en aura toujours un qui copie sur personne, pour la simple et bonne raison qu'il n'a personne sur qui copier.

Maintenant que je suis grand, et que j'entends les belles grandes théories de ces mêmes idiots qui n'ont réussi à passer leur 5e année que grâce à mon aide, je me demande vraiment qu'est-ce qui peut bien leur faire croire qu'il savent réellement de quoi ils parlent. S'ils ne comprenaient rien lorsqu'ils étaient petits, pourquoi auraient-ils compris maintenant?

Parce que c'est ça au bout du compte de quoi on parle: il y en a beaucoup qui tentent de détourner l'attention en centrant le débat autour des notions d'intégrité et d'honnêteté, en geignant que les gens font de la morale, jouent aux vertueux... mais en réalité, c'est d'abord et avant tout de la compétence dont il est sujet. En clair, ça veut dire que si tu triches, c'est tout simplement parce que tu ne possèdes pas les capacités intellectuelles nécéssaires à la compréhension de la matière qui t'es enseignée. Mettons les points sur les I, tu es incompétent. Et viens pas me les casser avec les méthodes pédagogiques, les examens-réponses, gangnagna. Il n'y a aucune excuse possible pour justifier le fait que des étudiants universitaires puissent avoir une maîtrise de l'orthographe et de la grammaire qui ne se compare même pas à celle que j'avais à l'âge de huit ans.

Et tu va passer le reste de ta vie à être incompétent. Un ingénieur incompétent, un architecte incompétent, voire un docteur incompétent (je vous dis que ça donne pas envie de tomber malade), mais au bout du compte un incompétent. Tu es condamné à une carrière, une vie placée sous le signe de la tromperie. Et si c'est le cas dans ta spécialité, c'est encore plus flagrant dans d'autres champs de connaissance. Quand tu passes tes journées à répandre tes sages conseils sur tous les grands débats de société, ben ça me fait franchement marrer, parce que passe moi l'expression mais crisse que t'as pas rapport.

Si ton développement intellectuel est basé sur le plagiat, alors ton intellect ne vaux rien. Si la tricherie est au coeur de ta pensée, alors il n'y a rien dans ta pensée. Tu es creux, vide, sans substance; tu n'est qu'une coquille vide, un masque sans visage, un fantoche ridicule dépourvue de toute substance, exceptée peut-être de cette matière odorante produite par la digestion des boeufs... En un mot comme en cent, tu es un pseudo-intellectuel.

J'en entends qui me parlent de respect des autres, qui pensent que je ne devrais pas m'adonner aux insultes gratuites, mais justement, elles ne sont pas gratuites. Je ne me contente pas de te traiter d'imbécile, je t'en apporte la preuve. Je ne fais pas d'insultes, j'énonce objectivement un fait supporté par des arguments. C'est plate mais c'est comme ça.

30 mars 2006

Perdus dans l'espace

Ce matin, l'émission de ligne ouverte à Quatre Saisons avait pour thème "Croyez vous aux ovnis?" Je l'ai pogné vers la fin, et je n'ai pas eu le loisir d'écouter les interventions sans nul doute pertinentes et pénétrantes des auditeurs, genre «Moâ, jeu neu croâ pas à ces niaiseries, je suis quelqu'un de sèrrrieux, moâ», ou encore «Gna, moé gni croé, moé gnen ai vu dans mon champ de blé d'inde!» Édifiant.

On est en droit de se demander est-ce que les gens qui affirment croire aux extra-terrestres sont plus épais que ceux qui affirment ne pas y croire, ou est-ce le contraire? Personnellement je dirais que c'est 50-50. Parce que voulez vous bien m'expliquer qu'est-ce le mot °croire° vient faire dans cette histoire? L'éventualité qu'une forme de vie intelligente existe ailleurs dans l'univers, et que celle-ci nous a visité, est une supposition, pas une croyance. Une théorie, une thèse. Une hypothèse à laquelle ont doit confronter les preuves disponibles afin de la confirmer ou l'infirmer. Lâchez-moi avec vos croyances, laissez ça aux moutons et autres esprits inférieurs.

Là, je voudrais mettre une autre chose au clair, pourriez vous le rentrer dans le cabochon une bonne fois pour toutes, à grands coups de bat de baseball si y faut: ovni est un acronyme qui vient de °objet volant non-identifié." Non-identifié dans le sens de qui n'a pas été identifié. Dans le sens qu'on SAIT PAS C'EST QUOI CÂLISSE! C'est pour ça qu'on dit que cet objet est NON-IDENTIFIÉ. C'est peut-être une soucoupe volante, c'est peut-être les bons et bénévolents extra-terrestres de la planète Santa Claus, c'est peut-être un avion, c'est peut-être un hélicoptère, un projet secret de l'armée américaine, un satellite, la planète Vénus, une mouette qui est tombée dans une cuve d'aluminium à Alma, mais tant que tu sais pas c'est quoi, ça peut-être n'importe quoi, parce que justement tu SAIS PAS C'EST QUOI, parce que l'ostie d'objet en question est NON-IDENTIFIÉ.

Ça va comme ça, tu catches-tu là? Épèle les lettres una à une: N-O-N-I-D-E-N-T-I-F-I-É. Si ça fait pas, je peux te le mettre en javascript style flash au néon. Anyway, pogne pas une crampe au cerveau, prends ton temps, laisse toi une chance.

Ça, ça veut dire en clair qu'une photo d'ovni ne constitue en rien une preuve d'existence des extra-terrestres, tout simplement parce qu'elle ne constitue une preuve de que dalle. Pour qu'elle soit une preuve de l'existence de quoi que ce soit, il faudrait qu'on puisse reconnaître qu'est-ce qu'il y a sur la sacrament de photo, et pour ça il faudrait pouvoir l'identifier. Et le jour où quelqu'un va arriver avec une photo ou une séquence vidéo où l'on voit clairement des petits bonshommes gris ou verts ou fuschia qui nous font des bye-byes par le hublot de leur appareil volant en forme de cap de roue de Cadillac 68 avec "FGRWWQUIIOUTFYYTF AIR FORCE" écrit dessus, ben c'est ben de valeur mais ça ne pourra pas être une photo d'ovni, parce que l'on aura identifié l'objet: ça va être une photo d'ovi.

Ça peut sembler pas très important comme nuance, mais je pense personnellement que le jour où tout le monde va finalement avoir compris, on va voir pas mal moins d'hurluberlus se mettre à sauter à pieds joints d'excitation en bêlant "Les E.T.! Les E.T.!!! Ils viennent nous sauver! Hourra!!!" à chaque fois qu'il voit la photo d'un spot de lumière floue dans le ciel nocturne. Tant qu'à moi les photos de taches me prouvent l'existence des taches et c'est tout. Je veux bien garder l'esprit ouvert, mais pour paraphraser Arthur C. Clarke, si vous voulez que je regarde vos crisses de photos de supposés vaisseaux extra-terrestres, assurez-vous que je puisse voir la plaque d'immatriculation.

28 février 2006

Roman-savon

Pas que je me suis fait influencer par qui que ce soit, mais il m'est venu comme ça l'envie d'écrire un roman-savon. Je sais pas encore comment ça va finir, ni même comment ça va commencer, mais je vous propose un extrait si vous voulez bien.

Elle hésita un moment en pensant à la gravité de l'acte qu'elle s'apprêtait à commettre, mais son besoin pressant eut tôt fait de balayer ses inhibitions: la chose se devait d'être accomplie. Avec un geste de défi, elle enfonca prestement l'objet dans sa bouche d'un seul trait, et tout en agrippant la base d'une poigne ferme et décidée se mit tout de go à lui imprimer un mouvement de va-et-vient frénétique de plus en plus rapide.

Tandis que le manche s'enfonçait résolument dans sa bouche avide et qu'elle ressentait avec un frisson d'aise le crissement des poils drus qui massaient ses gencives, la tête de l'engin astiquait sa langue, fourbissait son palais, explorait le moindre petit recoin, fouaillait avec ostentation les replis les plus secrets et les plus profonds de sa cavité buccale offerte sans retenue. Les frottements qui faisaient écho sur les murs de la salle de bains se mêlaient peu à peu à des borborygmes et d'indécents clapotis à mesure que sa bouche s'emplissait du liquide épais et blanchâtre, fruit impudique de sa besogne.

C'est ce moment précis que son mari choisit pour faire irruption dans la salle de bains.

Un silence pesant emplit la pièce tandis que Monsieur et Madame se toisaient sans mot dire, elle avec une gêne coupable se lisant sur son visage penaud, lui fixant son épouse avec le reproche fusant de son regard rempli d'une indignation fort bien légitime. Elle détourna furtivement les yeux, évitant autant le regard de son mari offensé que celui du miroir qui lui renvoyait sans fard la réflexion impitoyable du spectacle de son outrage, et entreprit de recracher dans l'évier la moussante saumure dont le trop-plein dégoulinait en filets provocants le long des commissures de ses lèvres maculées. Mais loin d'apporter une quelconque diversion, cette manoeuvre eût au contraire pour effet d'alourdir l'atmosphère déjà pesante de gêne et de malaise qui emplissait la petite pièce.

Ce fût finalement le mari qui se décida à rompre le silence: "Chérie, je t'ai déjà dit cent fois, j'ai horreur que tu utilises ma brosse à dents!"

16 février 2006

En vrac

Eeesh. Je viens de voir mon voisin en bobettes en pelletant l'escalier arrière; c'était pas beau à voir, j'en ai encore des sueurs froides. Il y a de ces spectacles qu'un être humain ne devrait jamais avoir à subir.

Imaginez une baleine dans un aquarium, en chemise et bobettes, tout en gardant à l'esprit que la comparaison est carrément insultante pour les baleines. Non, mettons le blob, comme dans les films d'extra-terrestres des années cinquante. Ou encore le Bonhomme Michelin avec la tête du Pingouin, pas l'original, mais celui du film avec Danny DeVito. ...l'horreur......... l'horreur........

Enfin, n'y pensons plus, j'en dormirai pas de la nuit.

J'ai lancé un nouveau blog, un site de fausses nouvelles dans le style The Onion, mais en français; je reprend en fait la formule originale du Toaster que j'avais lancé en 2002. Vous avez d'ailleurs peut-être remarqué le lien dans la colonne. Le montage a pas été de tout repos, alors que je me suis mis dans la tête de faire une mise en page en trois colonnes en n'utilisant que des boîtes <div>. Éventuellement il a bien fallu me rendre à l'évidence et réaliser qu'Explorer est un tas de marde en putréfaction déguisé en fureteur et qu'il y a rien à faire avec. Explorer pour Windows s'entend, parce qu'avec la version Mac j'ai pas eu de problème. (cou donc, j'ai pas déjà dit tout ça l'année dernière? Ça y est, je radote, je suis rendu gâteux. tempus fugit...)

De toutes façons j'ai réglé le problème: une table à deux colonnes à gauche, et une boîte qui flotte à droite. Merde aux puristes, j'encule les puristes, leurs femmes et leurs flos avec. Ça marche et c'est ça qui compte.

En terminant, j'aimerais sacrer une grande baffe en arrière de la tête de je sais pas trop quel fonctionnaire zélé qui a décidé de barrer les utilisateurs de IE pour mac du site de nouvelles de Radio-Canada. Premièrement quand tu dis "Nous vous invitons à télécharger les dernières versions de Firefox ou Safari", il faudrait peut-être te rappeler que le terme "inviter" tend à impliquer un libre choix, et que de plus, il y a pas de Firefox ou Safari pour OS9, fa que chu fourré d'aplomb moi là. Deuxièmement, quand tu dis "Le site comporte des fonctionalités non supportées par votre navigateur" faudrait préciser qu'en fait la seule fonctionalité qui m'empêche de consulter le site est justement le script de redirection. En désactivant les javascripts, j'ai pu accéder sans problèmes. Bon, j'ai vu des cases vides, et la mise en page craint un peu, mais j'ai pu me lire les nouvelles tranquillement et en toute impunité. Bouhahaha j'ai hacké le site de radio-canne!

C'est ça le problème avec ce genre de paternalisme en vogue de la part de nos institutions: il y en qui insistent pour te mener par la main et te montrer le droit chemin, mais eux-mêmes semblent pas vraiment savoir où ils vont.
(parodie) Annonces iglou iglou iglou

Quoi, vous en voulez encore?