Une bande de yuppies ou preppies ou je ne sais trop quel genre de jeunes branchés éclatés dans le vent aux cheveux savamment décoiffés se réunissent pour faire un barbecue extrême ou whatever. "Nous sommes indépendants, libre-penseurs, nous avons notre saveur distincte, nous ne sommes pas pareils comme les autres, yadada, yadida..." Caméraman épileptique, bombardement en règle d'images en succession rapide, superimpressions en forme de graffitis, garrochage à tout va de mots-clés à la mode branchée (lire, noms de sandwichs qui finissent en -nis) tous les artifices de la coolitude de pacotille sont au rendez-vous. Les rebelles de demain sur lesquels le matin du grand soir se lèvera dans toute sa gloire ne seront pas réunis autour d'un drapeau révolutionnaire ou d'un quelconque idéal de renouveau libéraliste, mais autour d'une marque de mayonnaise.
mute
Bon là je vais arrêter le tir deux minutes, faut qu'on se parle. Il y a un sérieux problème, vraiment, sans niaiser, il y a quelque chose qui cloche de façon sévère dans la caboche du bon peuple. Quelque part dans une agence de marketing, des publicistes se sont tapés des heures de brainstorming, études de groupes témoins et autres cérémonies vaudou si chères aux control freaks compulsifs que sont nos grands-prêtres de la société de consommation et en sont arrivés à la conclusion que vous étiez tellement bêtes et dénués de personnalité qu'ils pourraient vous réduire à tenter d'affirmer votre identité par le truchement d'un pot de mayonnaise.
Non, mais là c'est rendu grave: je pense qu'il est grand temps d'effectuer un examen de conscience, vous trouvez-pas? Déjà l'idée de bâtir une sous-culture autour d'une marque est déjà assez téteuse merci, mais le faire avec une marque de mayonnaise, ça relève de la caricature. S'identifier à une marque d'auto, d'ordinateur, de jeans, c'est poche, c'est nul mais au moins il y a une certaine logique, je peux visualiser. Mais de la mayonnaise? Quelle sorte de pulsion psychologique c'est censé éveiller dans mon subconscient, c'est supposé évoquer quoi à mes yeux, du sperme? Le lait nourricier? Et l'esprit d'indépendance, l'individualisme indompté des grands mouvements étudiants, je le trouve où dans la mayonnaise? Moi-même qui a pris pleinement conscience de la bêtise du phénomène, je ne suis pas immunisé contre l'identification au produit: j'ai déjà pris la ferme résolution il y a des années de cesser de penser comme un ostie de fan-boy de mac, mais les rechutes sont fréquentes.
Mais là ciboire on parle de mayonnaise. Ça va pas, ça va plus du tout, faites de quoi, ça peut plus durer, on nous prend vraiment pour des cons. La top-modèle wannabe qui shake son gros pot de mayonnaise devant la caméra s'imagine peut-être avoir de l'attitude et du glamour, mais en ce qui me concerne elle a juste l'air d'une épaisse de calibre international.
Ah pis oui, je le sais, Miracle Whip c'est pas de la mayonnaise, mais de la "sauce à salade". Crisse, scusez pardon monseigneur, sauce â sâlââââde. Big fucking hairy deal.
17 juin 2009
28 avril 2009
24 avril 2009
Moutons pure laine
J'ai vu une bannière, ou un t-shirt à l'effigie du Canadien traîner dans la rue avant-hier soir, après la déconfiture des Naguère Glorieux; en fait, je ne sais même pas c'était quoi, c'était un morceau de tissu méconnaissable, déchiré et piétiné; entre deux traces de pneus on distinguait tout de même encore nettement la Flanelle. C'était peut-être un partisan des Bruins qui a manqué quelque peu de classe, mais personnellement je penche vers l'hypothèse d'un partisan déçu qui s'est défoulé d'aplomb.
De même qu'on dit que c'est dans l'adversité que l'on reconnaît les vrais amis, on peut dire que c'est dans la défaite qu'on reconnaît les vrais partisans; j'ai encore frais à la mémoire la crise de tétage qui s'était emparé de la ville l'année dernière alors que les tits drapeaux bleu-blanc-rouge flottaient sur les VUS de milliers de poseurs qui n'ont d'ordinaire rien à contrecrisser du hockey en général et du Canadien en particulier.
Il fallait voir la vitesse avec laquelle ont disparus ces drapeaux, t-shirts, bannières, casquettes, tasses, g-strings, condoms, couvre-siège de toilette pour s'en rendre compte. Un vrai fan, c'est pas nécéssairement quelqu'un qui se peinturlure la face aux couleurs de son équipe, c'est d'abord quelqu'un qui regarde les matchs non seulement de son équipe mais tous les matchs, et qui va jusqu'à se farcir une rencontre Islanders-Avalanche, qui étaient les deux pires équipes de leur conférence respective (Ostie que je suis no-life. Non mais sans rire).
Avec le directeur-général-entraîneur qui n'est pas certain de revenir, les rumeurs de vente et de déménagement de l'équipe, la moitié des joueurs maintenant sans contrat et un jeune gardien ébranlé mentalement et dont on doute qu'il puisse un jour se relever, je pense que les moutons devront se rabattre sur autre chose pour exprimer leur carence d'identité; personnellement j'entrevois des sombres années à venir, le spectre hideux de la reconstruction. Peut-être qu'ils vont ressortir leurs vieilles guénilles Hilfiger du fond de leur garde-robe.
De même qu'on dit que c'est dans l'adversité que l'on reconnaît les vrais amis, on peut dire que c'est dans la défaite qu'on reconnaît les vrais partisans; j'ai encore frais à la mémoire la crise de tétage qui s'était emparé de la ville l'année dernière alors que les tits drapeaux bleu-blanc-rouge flottaient sur les VUS de milliers de poseurs qui n'ont d'ordinaire rien à contrecrisser du hockey en général et du Canadien en particulier.
Il fallait voir la vitesse avec laquelle ont disparus ces drapeaux, t-shirts, bannières, casquettes, tasses, g-strings, condoms, couvre-siège de toilette pour s'en rendre compte. Un vrai fan, c'est pas nécéssairement quelqu'un qui se peinturlure la face aux couleurs de son équipe, c'est d'abord quelqu'un qui regarde les matchs non seulement de son équipe mais tous les matchs, et qui va jusqu'à se farcir une rencontre Islanders-Avalanche, qui étaient les deux pires équipes de leur conférence respective (Ostie que je suis no-life. Non mais sans rire).
Avec le directeur-général-entraîneur qui n'est pas certain de revenir, les rumeurs de vente et de déménagement de l'équipe, la moitié des joueurs maintenant sans contrat et un jeune gardien ébranlé mentalement et dont on doute qu'il puisse un jour se relever, je pense que les moutons devront se rabattre sur autre chose pour exprimer leur carence d'identité; personnellement j'entrevois des sombres années à venir, le spectre hideux de la reconstruction. Peut-être qu'ils vont ressortir leurs vieilles guénilles Hilfiger du fond de leur garde-robe.
18 avril 2009
224 au démineur
Non, ce n'est pas une version pour Mac, mais l'original, opérant sur Virtual PC (un émulateur Windows pour mac). 224: mettez ça dans votre pipe et fumez-la.


Ben non, j'ai pas triché. Ben oui, c'est une vraie capture d'écran, et non pas un trucage Photoshop. Ben non, je fait pas rien que ça de mes journées. Je le sais, ça fait un mois que je vous ai pas écrit. Ben oui, jouer au démineur, ça fait loser. Vous êtes juste jaloux de mon superbe high score. Et avant de brailler que je vous néglige, allez donc voter à mon sondage, non mais tsé.
14 mars 2009
3 mars 2009
Le Vietnam Memorial
Le Vietnam Veterans Memorial Wall à Washington, une des trois parties du monument, est un mur sur lequel sont inscrits les noms de tous les soldats morts et portés disparus lors de la guerre du Vietnam. Mesurant 150 mètres de long, le monument est formé de deux sections triangulaires adossés l'un à l'autre, mesurant chacun 3 mètres de haut à leur apex et 20 cm aux extrémités; en les joignant le long de leurs hypothénuses, on obtiendrait ainsi un rectangle de 75 x 3.2 m, ou 240 m2.
58 260 noms y étaient inscrits en date de février 2009; divisés par 240 m2, cela nous donne 1 nom au 41 cm2, ou un peu moins de 243 noms par m2.
Si on y ajoutait les 220 357 soldats sud-vietnamiens, 4960 sud-coréens et autres alliés des américains tombés eux aussi au Vietnam, on obtiendrait un total de 285 831 noms: on aurait donc besoin de 1176 m2, ou en conservant la hauteur, un mur de 735 mètres de long, et il aurait été nécéssaire de déplacer le Lincoln Memorial pour le laisser passer. S'il venait à l'idée à leurs adversaires nord-vietnamiens de construire leur propre mémorial pour y inscrire leurs 1 176 000 pertes, ils obtiendraient un mur de 4839 m2, ou 3,02 km de long.
À l'autre bout de l'échelle, un monument dédié aux 4251 GI tués à la guerre en Irak ferait 17 m2, soit 11 mètres de long, et pourrait facilement entrer dans un conteneur; quant aux 390 pertes de la coalition lors de la Guerre du Golfe, elles nous donne un mur de 1,6 m2, soit 50 cm de long, ou devrait-on plutôt dire de large, alors que ce monument ne tiendrait pas autant du mur proprement dit que du poteau.
Les 417 soldats américains tués en Afghanistan occuperaient 1,8 m2; les 107 canadiens, un poteau de 12 cm de large environ.
Les 45 300 soldats canadiens tombés au cours de la 2ème Guerre Mondiale nous donneraient un mur de 116 mètres, tandis qu'avec 416 800 morts au combat, les américains rempliraient un monument long de 1,07 km.
Le mur français avec ses 215 000 noms mesurerait 552 mètres; ou en conservant la longueur originale, un monument de 11,39 mètres de hauteur, qui pourrait peut-être suffir à porter ombrage à un autre mur, de la honte celui-là, où seraient inscrits sur 102 mètres les quelques 40 000 français tombés sous les drapeaux allemands ou de Vichy.
Parlant de mur de la honte, les noms des 5 533 000 allemands tués couvriraient 6,23 kilomètres du Mur de Berlin, ou un peu moins de 5% de sa longueur.
La longueur exacte du monument soviétique plus que pour tout autre peut prêter à discussion, mais il est certain qu'avec quelques 10 500 000 tués, l'Armée Rouge aurait droit au mur des murs, dont les 4,3 hectares de noms rempliraient un monument de plus de 27 kilomètres; une des extrémités serait située au coeur de Capitol Heights tandis que l'autre aboutirait quelque part à Arlington entre le Mason District Park et le lac Barcroft; sa construction aurait duré près de dix ans. En gardant la longueur originale, la hauteur du monument culminerait à 288 mètres, soit près de deux fois la hauteur du Washington Monument. Six soldats de l'Armée Rouge ont donné leur vie pour chaque mètre qui sépare Moscou de Berlin.
En ce qui concerne la 1ère Guerre Mondiale toutefois, l'Empire Russe cède le premier rang à l'Allemagne, avec un mur de 4,7 km comparativement à 5,2 km. Le mur de la France mesure 3,6 km, l'Angleterre et l'Irlande 2,3 km, les États-Unis 300 m et le Canada 167 m.
667,000 américains sont morts au combat au cours de l'ensemble des guerres des 20e et 21e siècles: un mur de 1,7 km, comparativement à 2,7 km pour les américains victimes d'homicide durant la même période. Au total, environ 34 000 000 de soldats sont tombés au combat au 20e siècle, un mur de près de 85 km reliant Manassas à la baie de Chesapeake: 14 hectares de noms qui finiraient par coûter plus de deux milliards de dollars lors de sa complétion prévue en 2035.
Reste maintenant les civils... non, savez-vous j'aime autant pas en parler.
Source: WikiPedia (Vietnam Veterans Memorial, World War I casualties, World War II casualties, Iraq War, Coalition casualties in Afghanistan, Gulf War)
Google Maps
Twentieth Century Atlas.
58 260 noms y étaient inscrits en date de février 2009; divisés par 240 m2, cela nous donne 1 nom au 41 cm2, ou un peu moins de 243 noms par m2.
Si on y ajoutait les 220 357 soldats sud-vietnamiens, 4960 sud-coréens et autres alliés des américains tombés eux aussi au Vietnam, on obtiendrait un total de 285 831 noms: on aurait donc besoin de 1176 m2, ou en conservant la hauteur, un mur de 735 mètres de long, et il aurait été nécéssaire de déplacer le Lincoln Memorial pour le laisser passer. S'il venait à l'idée à leurs adversaires nord-vietnamiens de construire leur propre mémorial pour y inscrire leurs 1 176 000 pertes, ils obtiendraient un mur de 4839 m2, ou 3,02 km de long.
À l'autre bout de l'échelle, un monument dédié aux 4251 GI tués à la guerre en Irak ferait 17 m2, soit 11 mètres de long, et pourrait facilement entrer dans un conteneur; quant aux 390 pertes de la coalition lors de la Guerre du Golfe, elles nous donne un mur de 1,6 m2, soit 50 cm de long, ou devrait-on plutôt dire de large, alors que ce monument ne tiendrait pas autant du mur proprement dit que du poteau.
Les 417 soldats américains tués en Afghanistan occuperaient 1,8 m2; les 107 canadiens, un poteau de 12 cm de large environ.
Les 45 300 soldats canadiens tombés au cours de la 2ème Guerre Mondiale nous donneraient un mur de 116 mètres, tandis qu'avec 416 800 morts au combat, les américains rempliraient un monument long de 1,07 km.
Le mur français avec ses 215 000 noms mesurerait 552 mètres; ou en conservant la longueur originale, un monument de 11,39 mètres de hauteur, qui pourrait peut-être suffir à porter ombrage à un autre mur, de la honte celui-là, où seraient inscrits sur 102 mètres les quelques 40 000 français tombés sous les drapeaux allemands ou de Vichy.
Parlant de mur de la honte, les noms des 5 533 000 allemands tués couvriraient 6,23 kilomètres du Mur de Berlin, ou un peu moins de 5% de sa longueur.
La longueur exacte du monument soviétique plus que pour tout autre peut prêter à discussion, mais il est certain qu'avec quelques 10 500 000 tués, l'Armée Rouge aurait droit au mur des murs, dont les 4,3 hectares de noms rempliraient un monument de plus de 27 kilomètres; une des extrémités serait située au coeur de Capitol Heights tandis que l'autre aboutirait quelque part à Arlington entre le Mason District Park et le lac Barcroft; sa construction aurait duré près de dix ans. En gardant la longueur originale, la hauteur du monument culminerait à 288 mètres, soit près de deux fois la hauteur du Washington Monument. Six soldats de l'Armée Rouge ont donné leur vie pour chaque mètre qui sépare Moscou de Berlin.
En ce qui concerne la 1ère Guerre Mondiale toutefois, l'Empire Russe cède le premier rang à l'Allemagne, avec un mur de 4,7 km comparativement à 5,2 km. Le mur de la France mesure 3,6 km, l'Angleterre et l'Irlande 2,3 km, les États-Unis 300 m et le Canada 167 m.
667,000 américains sont morts au combat au cours de l'ensemble des guerres des 20e et 21e siècles: un mur de 1,7 km, comparativement à 2,7 km pour les américains victimes d'homicide durant la même période. Au total, environ 34 000 000 de soldats sont tombés au combat au 20e siècle, un mur de près de 85 km reliant Manassas à la baie de Chesapeake: 14 hectares de noms qui finiraient par coûter plus de deux milliards de dollars lors de sa complétion prévue en 2035.
Reste maintenant les civils... non, savez-vous j'aime autant pas en parler.
Source: WikiPedia (Vietnam Veterans Memorial, World War I casualties, World War II casualties, Iraq War, Coalition casualties in Afghanistan, Gulf War)
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