13 janvier 2005

Woh, Capitaine...

C'est bien connu, les célébrités mentent comme ils respirent. Dans notre société, le mensonge est perçu comme un défaut, mais en réalité tout le monde agit comme si c'était une qualité. La capacité de mentir de façon convaincante est la clé du succès, et c'est ainsi depuis l'aube de la civilisation. C'est particulièrement vrai en politique: en fait, c'est ça qu'on leur demande de faire, mentir, c'est pour ça qu'ils sont payés. Ça nous intéresse pas de savoir la vérité, c'est trop déprimant. Le politicien qui voit le bon citoyen lui réclamer la vérité, lui ça lui fait penser à une bonne femme qui arrive devant son mari et lui demande «trouve-tu que j'ai grossi? Dis-moi la vérité» Haha. "Dis-moi la vérité". Évidemment qu'il va lui dire la vérité, mais cette vérité là ne sera jamais "ben oui, t'es donc ben rendu toutoune".

Mais il y a des fois où trop c'est trop, ils prennent vraiment le monde pour des valises. Quelquefois, les notables essayent de nous faire avaler des couleuvres tellement grosses, c'est rendu des anacondas: ils ont même pas encore fermé la bouche qu'on sait déjà que c'est de la bullshit. Il ne réussissent même pas à obtenir ne serait-ce qu'un soupçon de bénéfice du doute, et même leurs plus ardents défenseurs vont garder leurs distances. C'est à croire qu'ils nous testaient, qu'ils voulaient voir jusqu'à quel point ils étaient capables d'aller.

Certaines de ces occasions sont passées à l'histoire: qu'on se rappelle seulement le «I'm not a crook» de Richard Nixon après le Watergate. Ou plus récemment l'impayable Colin Powell et ses désormais célèbres bandes dessinées de destruction massive: cette conférence de presse lui aura valu le titre de menteur pour l'année 2003, et ce avec un vote unanime ou presque.

Qui a été le menteur de l'année en 2004? À qui devrait-on remettre le prix Pinocchio s'il existait? J'ai retenu cinq candidats:

Le sein de la terreur: Je pense que vous avez tous entendu parler de l'affaire Janet Jackson au Super Bowl. Quelques heures après son "exploit", Jackson fait une allocution dans laquelle elle affirme que c'était un accident. Oui elle avait une étoile en paillettes sur le mamelon, mais c'était juste une coïncidence. Autre coïncidence, deux mois plus tard elle lance son premier album depuis sept ans, alors qu'elle occupe encore la une des journaux, tiens tiens comme ça tombe bien. "Incident de garde-robe", mais oui bien sûr.

«Hein? Stér...oïdes?»Un médecin sportif connu avoue avoir prescrit des stéroïdes anabolisants à plusieurs athlètes sous sa charge, dont le voltigeur Barry Bonds des Giants de San Francisco, détenteur du record de circuits en une saison et qui menace le record du légendaire Hank Aaron pour le nombre de circuits en carrière. Interrogé sur le sujet, Bonds affirme qu'il n'était pas au courant que ces substances étaient illégales. Ça c'est comme ceux qui avouent avoir déjà fumé du pot mais qui «n'ont pas inhalé la fumée». Ben voyons je vous le jure monsieur l'agent.

Armes de distraction massives: Dubya, pour sa rhétorique de la "libération" qu'il continue à vouloir nous faire avaler comme la motivation de l'invasion de l'Irak. Pour sa volonté de vouloir faire passer les mensonges au sujet des AMD pour le résultat "d'erreurs d'évaluation". Mais surtout pour toute l'énergie qu'il déploie à minimiser l'importance de ces mensonges et/ou erreurs. Ce qui veut dire en gros que toute son administration est basée sur a)le mensonge pathologique ou b)l'incompétence crasse. Et il faudrait qu'on dise bof c'est pas grave, on fait tous des erreurs, il fera mieux la prochaine fois. Le pire c'est que ça marche; dans son cas la question n'est pas tant de se demander s'il prend les gens pour des cons mais jusqu'à quel point il a raison de le faire.

«Je n'étais pas au courant»: Paul Martin au sujet des malversations dans le dossier du programme des commandites. Lui qui a été ministre des finances durant tout ce temps, et qui a la réputation d'un micro-gestionnaire presque maniaque, il n'était pas au courant. Peut-être que c'est une blague, qu'il voulait faire rire en imitant Bart Simpson («I didn't do it!»). Non, sérieux, va conter ça aux pompiers, ils vont t'arroser.

«Defenders of Freedom»: Les Hell's Angels d'Ontario se lancent dans les relations publiques et se payent une affiche sur le bord d'une autoroute. «Défenseurs de la liberté et de la démocracie». Tiens, ça me rappelle l'histoire de la "run de pinottes". Il y a quinze ou vingt ans avant la guerre des motards, il y aurait peut-être eu des poissons qui auraient avalé ça, mais là on se demande franchement à quoi ils pensaient: il reste tu un canadien qui sait pas encore comment ce monde là gagnent leur vie? Peut-être ce que c'est leur façon d'avoir de l'humour. On peut se demander c'est quoi exactement leur définition de la démocratie, mais je peux vous assurer qu'elle n'inclut pas la liberté de parole, la libre concurrence ou le droit à la dissidence. Et pour ce qui est de la tolérance envers les minorités...

J'imagine que tous les anti-américains primaires vont voter pour Bush. D'ailleurs il suffit de mentionner son nom pour provoquer une réaction. Mais je vais vous avouer, la préférence se porte vers les derniers. Défenseurs de la démocratie. J'en rie encore.

Tiens, je pense que je vais en faire un sondage.

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